"Je dessine une dernière fois ton sourire avant de partir, je me demande combien de fois encore je penserais à toi là-bas. Une fois, deux fois, des mois, jamais ? Qui sait...
Tu m'enlaces et je suis ému, pour de vrai, cette fois-ci je ne fais plus semblant. Je pars, sans savoir la date de mon retour. Un jour, deux jours, des mois, jamais ? Qui sait...
Tu murmures des phrases à mon oreille dont je ne saisis pas le sens. Tu me demandes encore une fois si je ne préfère pas rester, si je suis obligé de m'en aller. Comme à chaque fois, je repond que c'est ainsi, c'est mon destin. Destin mon cul, oui ! Je ne fais que suivre le troupeau... Tu pleures. Je tourne la tête, je déteste te voir pleurer. Tu me prends la main, le regard suppliant. Non, je ne te regarderais pas. Si je te regarde, je reste. Et moi, je veux suivre le troupeau. Quel con.
Un camion m'emmène, tu agites le bras, tu hurles en courant après le véhicule. Moi je ne peux pas voir ça, je détourne les yeux. Je baisse la tête et m'aperçois que j'ai déjà oublié ton visage. Il fait froid, je frémis. J'étais sûr de t'aimer, pourtant. Tu étais tout, tu étais celle qui devait être ma femme, la mère de mes enfants, ma maîtresse. Je m'étais donc trompé ?
Bien sûr que je me suis trompé ! Quel enculé abandonnerait sa fiancée pour aller combattre et "servir sa nation" ?
Je ne t'ai donc jamais aimé ? La vérité terrible s'offre à moi. Mon Dieu, quel gâchis. Bien vite que je me fasse descendre au combat, que je disparaisse de la surface de la terre, moi, le fidèle mouton, moi, le sage suiveur, le lâche ; moi, à qui on a pris le cerveau pour le rendre conforme, obéissant et sans sentiments. Moi, le soldat."
Tu m'enlaces et je suis ému, pour de vrai, cette fois-ci je ne fais plus semblant. Je pars, sans savoir la date de mon retour. Un jour, deux jours, des mois, jamais ? Qui sait...
Tu murmures des phrases à mon oreille dont je ne saisis pas le sens. Tu me demandes encore une fois si je ne préfère pas rester, si je suis obligé de m'en aller. Comme à chaque fois, je repond que c'est ainsi, c'est mon destin. Destin mon cul, oui ! Je ne fais que suivre le troupeau... Tu pleures. Je tourne la tête, je déteste te voir pleurer. Tu me prends la main, le regard suppliant. Non, je ne te regarderais pas. Si je te regarde, je reste. Et moi, je veux suivre le troupeau. Quel con.
Un camion m'emmène, tu agites le bras, tu hurles en courant après le véhicule. Moi je ne peux pas voir ça, je détourne les yeux. Je baisse la tête et m'aperçois que j'ai déjà oublié ton visage. Il fait froid, je frémis. J'étais sûr de t'aimer, pourtant. Tu étais tout, tu étais celle qui devait être ma femme, la mère de mes enfants, ma maîtresse. Je m'étais donc trompé ?
Bien sûr que je me suis trompé ! Quel enculé abandonnerait sa fiancée pour aller combattre et "servir sa nation" ?
Je ne t'ai donc jamais aimé ? La vérité terrible s'offre à moi. Mon Dieu, quel gâchis. Bien vite que je me fasse descendre au combat, que je disparaisse de la surface de la terre, moi, le fidèle mouton, moi, le sage suiveur, le lâche ; moi, à qui on a pris le cerveau pour le rendre conforme, obéissant et sans sentiments. Moi, le soldat."
